mercredi 30 juillet 2008

Solitude du blogueur

Extrait très réjouissant d'une comédie d'espionnage vue récemment : le héros, un agent secret américain, traverse un parc et toque à un arbre. Une lucarne s'ouvre et un deuxième agent passe sa tête. C'est l'irrésistible Bill Murray (Ghostbusters, Un jour sans fin, Lost in translation...) :
- Agent 13, vous êtes dans un arbre ?
- Oui, les communications ont été coupées, c'est pour ça qu'ils m'ont mis là-dedans : on ressort les bonnes vieilles méthodes...
- Heureux de voir que vous allez bien.
- Oui, ça va...
- Bien, il est l'heure d'y aller !
- Vous n'êtes pas obligé d'y aller, ne me dites pas que vous partez déjà !
- Oui, j'ai une petite réunion, là...
- Comment va la vie ?
- Tout va bien, tout va bien... Bon, je dois y aller maintenant...
- Allez-vous repasser par ici ?
- Euh... oui, je crois bien...
- Quand ça exactement ? (...)

Le blogueur n'est-il pas un peu comme ce planton enfermé dans son arbre, sans pouvoir bouger, condamné à attendre tragi-comiquement que quelqu'un vienne lui parler, et à déployer toutes sortes de techniques pour qu'il repasse par là ?

dimanche 27 juillet 2008

Victor Segalen : Equipée

« Peint sur la soie mobile du retour, tout ce qui suit du voyage m'apparaît désormais tout déroulé d'avance. C'est d'avance un paysage familier, comme la ville fictive de tous les soirs que le grand Empereur capricieux et casanier, aimant à la fois ses habitudes et de voyager, faisait déployer à chaque étape, en l'horizon de son camp. Il y voyait là les formes des palais, les monts et les eaux, les nuages domestiques de son ciel et de sa ville capitale. Il dormait bien. »
Victor Segalen écrit Equipée, un ensemble de 28 fragments dont certains peuvent se lire comme de véritables poèmes en prose, en marge des relevés archéologiques qu’il effectue en Chine entre 1914 et 1915. L’incipit, à l’instar de celui du roman René Leys (« j’avais cru le tenir d’avance, plus fini, plus vendable que n’importe quel roman patenté… »), dévoile d’abord le projet en creux, en négatif : non, il ne s’agira pas d’un journal de voyage.
« J’ai toujours tenu pour suspects ou illusoires des récits de ce genre : récits d'aventures, feuilles de route, racontars — joufflus de mots sincères — d'actes qu'on affirmait avoir commis dans des lieux bien précisés, au long de jours catalogués. »
Point de descriptions, point d’éblouissements. La figure même de l’archéologue s’efface, et celui qui serait curieux de détails pittoresques sur la civilisation chinoise en sera pour ses frais. Le propos de Segalen est résolument poétique, et si la Chine incarne ici le radicalement autre, c’est presque incidemment.
Sous-titré « Voyage au pays du réel », le livre de Segalen décline obsessionnellement l’idée d’un affrontement du réel et de l’imaginaire. Plus près de nous, Hervé Guibert imaginait dans son Voyage avec deux enfants un dispositif un peu semblable, en faisant succéder au récit rêvé-fantasmé du voyage le récit rédigé après que le voyage avait eu effectivement lieu (peut-on encore écrire le voyage réel ?).
Quand Segalen (d)écrit, c’est toujours au prisme de ce qu’il a imaginé, toujours relativement aux images et aux récits préalables dont il a anticipé l’escale : la distance entre ce que promet la carte et le paysage observé (la rencontre avec les vieillards dans le village absent de la carte, fragment 20), entre la découverte archéologique escomptée et la découverte réelle (séquence de la statuette érodée, fragment 23) est le véritable objet de sa prose.
Et c’est, plus intimement, la tension entre l’existence rêvée et la vie accomplie qui préoccupe l’auteur, ainsi qu’on le comprend lors de la rencontre de l’alter ego adolescent, fragment 25 : « le geste adolescent du visage, et l’inespérable charme de tous les espoirs devinés à cette heure et que la dure réalisation étouffe un à un (…) prêt à tout, prêt à d’autres lieux, prêt à habiter d’autres possibles… Riche de tout ce qu’il espère, et négligent de ce qu’il a ». Une sourde et juvénile nostalgie habite le poète face à l’infinité des possibles sacrifiés par une vie.

Et puisqu’il s’agit d’aller d’un point A à un point B, du virtuel à l’actuel, revient fréquemment la question de la marche. Le poète nous fait part des observations les plus techniques sur la sandale, l’art de choisir un bon porteur, la foulée, la fatigue. Et l’une des rares allusions à la culture chinoise se lit dans le fragment 5, dans la description du li :
« il ne faut pas compter en kilomètres, ni en milles ni en lieues, mais en "li". C'est une admirable grandeur. Souple et diverse, elle croît ou s'accourcit pour les besoins du piéton. Si la route monte et s'escarpe, le "li" se fait petit et discret. Il s'allonge dès qu'il est naturel qu'on allonge le pas. Il y a des li pour la plaine, et des li de montagne. Un li pour l'ascension, et un autre pour la descente. Les retards ou les obstacles naturels, comme les gués ou les ponts à péage, comptent pour un certain nombre de li. »
Ni le temps des horloges ni les unités métriques ne rendent comptent de la tribulation existentielle du voyageur ; là encore, certaines idées se vérifient : le sésame qui clôture le livre («inconnu») fait résonner le texte de Segalen sur une morale radicalement subjective et incommunicable de l’expérience intérieure.

samedi 26 juillet 2008

Bibliothèques : une (anti ?) définition

"Curieuses grottes affectées, oppressantes et sombres, avec hurluberlus, forçats et sentinelles, nichées au coeur des villes, aux flancs des vieux palais, et qui servent d'entrepôts à cette petite part de reliefs que certains morts ont le goût pour le moins indiscret d'abandonner sur le rivage des vivants."
Pascal Quignard, "La Bibliothèque", in Petits traités I.

vendredi 25 juillet 2008

Blog, botox et sms : les nouvelles mythologies

Entre 1954 et 1957, le sémiologue Roland Barthes publie dans Les Lettres nouvelles une série de courtes chroniques (les "Petites mythologies du mois") consacrées aux mythes de la société contemporaine (la DS de citroën, le catch, le bifteck-frites…) et démontre à travers cette collection de croyances et de clichés comment la société donne pour naturel des produits de son idéologie.
Ces textes seront réunis en recueil en 1957, dans un ouvrage que Alain Finkielkraut nomme depuis, perfidement, « le livre préféré des enseignants du secondaire » : Mythologies.

50 ans plus tard, paraissent aux mêmes éditions du Seuil les Nouvelles mythologies (automne 2007) sous la direction de Jérôme Garcin. Différents rédacteurs (Philippe Sollers, Claude Lanzmann, Laurent Joffrin, Philippe Delerm, Catherine Millet…) y déclinent un inventaire des signes des années 2000 : les blogs, le 11 septembre 2001, le speed-dating, le patch, le SMS, Nicolas Hulot… Il se chuchote ici ou que cette nouvelle mouture est loin d’être aussi stimulante que l’original.

France culture propose quant à elle à ses auditeurs une autre variation sur le livre de Barthes, pendant les deux mois d’été, du lundi au vendredi entre 16h45 et 17h, avec les Mythographies, qu’on peut ensuite podcaster pendant 24 heures sur Podemus. Parmi les sujets, l'aspirateur sans sac, la tente Quechua, le coach et Paris Hilton...

Un extrait de l'émission consacrée au Botox (22.07.08).

samedi 19 juillet 2008

La théorie du dernier mot

C'est l'idée peut-être puérile, entendue on ne sait plus où, que le dernier mot d'un grand livre en contient la quintessence, ou, plus précisément, qu'il concentre l'idée que l'écrivain se fait de sa propre oeuvre, du dessein qu'il y a poursuivi. Ca ne marche pas à tous les coups, mais le résultat est souvent troublant. Voici ce que ça donne avec quelques-uns de mes romans favoris :
  • Samuel Beckett, Molloy : pas
  • Georges Hyvernaud, La peau et les os : rien
  • Malcolm Lowry, Au-dessous du volcan : ravin
  • Claude Simon, La Route des Flandres : temps
  • Didier-Georges Gabily, L'Au-delà : ça
  • Virginia Woolf, Vers le phare : vision

Essayez !

jeudi 17 juillet 2008

Jean Tardieu / Maurice Ravel

Jean Tardieu est loin d'être notre poète favori... Néanmoins, c'est avec une certaine émotion que nous l'écoutons lire son propre texte sur Maurice Ravel, tiré du recueil Les Portes de toile. La musique qui l'a inspiré, et qu'on entendra ici en arrière-plan, n'est autre que le début du bouleversant Concerto pour la main gauche, interprété par Samson François :

lundi 14 juillet 2008

Serge Joncour : Situations délicates

Eva Eun-Sil Han, Carte postale, collage et gouache sur papier.
"Tu révises ton argumentation, tu te ménages une sortie, sans quoi la situation menace de se bloquer. Voilà plus de vingt fois que tu leur répètes que s'ils font un pas de plus tu sautes, et puisqu'ils n'avancent pas, qu'ils n'osent pas, alors évidemment on s'enlise."
C'est dans le dernier numéro du Magazine littéraire, consacré à l'humour, que nous avons puisé notre envie de lire Situations délicates de Serge Joncour. L'auteur, encore une des voix de l'émission Des Papous dans la tête, y égrène 45 récits de situations de gêne connues de tout un chacun. Un catalogue qui nous fait penser au Baleinié, le fameux dictionnaire des petits tracas, qui permet de mettre enfin un nom sur tous ces moments d'angoisse qui font grincer notre quotidien (on rappellera la "calonia", première minute en maillot de bain, ou encore "l'ertezoute", personne qui vous tient la porte de si loin qu'elle vous oblige à presser le pas...). Il est vrai que les Papous ont fait paraître l'an passé un Dictionnaire qui recueillait déjà quelques néologismes créés dans leur séquence "Des mots nouveaux pour le dire", avec notamment "l'embistrature", moment précis où l’on ralentit le pas en se demandant si par hasard on ne se serait pas trompé de chemin, et bien sûr les "barbavisules", explications que l’on donne à propos d’une chose à laquelle on n’a soi-même rien compris...

Joncour dit s'être inspiré des Exercices de style de Queneau, pourtant c'est ici un bien singulier romanesque de la gêne qui est mis à jour. Le ressort de la lecture joue évidemment sur l'identification, aidée par l'utilisation de la seconde personne du singulier. Parmi les situations décrites, on notera par exemple : oser sortir sans rien acheter d'un magasin de vêtements où l'on a fait des essayages, ou encore soutenir le regard des autres clients d'un restaurant quand la femme qui vous accompagnait vient de quitter la salle en vous envoyant sa serviette au visage ("Le pire serait bien qu'on te croie atteint, alors tu manges, tu te régales, tu fais même des grand hum à chaque bouchée.").

Et l'on se prend à rêver aux développements subtils que le sociologue Erving Goffman aurait tiré d'un tel inventaire... Dans son livre La présentation de soi (la mise en scène de la vie quotidienne), ce dernier remarque ainsi que lorsque, marchant dans la rue, nous nous apercevons avoir pris une mauvaise direction, nous accompagnons inmanquablement notre volte-face de toute une série de mimiques en soi parfaitement superflues mais qui constituent, d'après le sociologue, comme un tribut à la société, une manière de dire à tous : "je ne suis pas fou". Comme l'écrit Bourdieu dans un hommage à Goffman paru dans Le Monde :

"À travers les indices les plus subtils et les plus fugaces des interactions sociales, il saisit la logique du travail de représentation ; c'est-à-dire l'ensemble des stratégies par lesquelles les sujets sociaux s'efforcent de construire leur identité, de façonner leur image sociale, en un mot de se produire : les sujets sociaux sont aussi des acteurs qui se donnent en spectacle et qui, par un effort plus ou moins soutenu de mise en scène, visent à se mettre en valeur, à produire la «meilleure impression», bref à se faire voir et a se faire valoir".

Et c'est bien cette notion de rôle social, de préservation de la face, qui est au coeur du livre de Joncour, et notamment de l'une de nos séquences préférées, celle où le personnage, assis dans un train, n'ose chasser de son épaule la tête de sa femme endormie : "Petit à petit, la chaleur et la douleur aidant, la fixité de votre position tourne à la scoliose, d'autant que le poids de sa tête, accentué par l'effet des secousses, vous rabat l'omoplate en deçà de l'épaule. (...) Alors, pour ne pas altérer cette belle impression que vous donnez, pour ne rien compromettre de cette abnégation qui se confond si bien à la droiture des épineux, vous tenez bon."

jeudi 10 juillet 2008

Lire les yeux fermés

Voici un moment déjà que je souhaitais partager ce très beau texte sur les biliothèques signé Hervé Guibert. Il s'agit d'un extrait d'une brochure publiée à l'occasion du Xème anniversaire du Centre Georges Pompidou, en 1987, et jamais rééditée depuis :

« Dans la gare italienne, anonymes parmi les voyageurs, s’entrecroisent ceux qui n’ont d’autres destinations que l’épuisement ou la faim, le désœuvrement, la concupiscence de petits larcins ou d’assouvissements biscornus, le recueillement aussi : dans son architecture, de la salle des pas-perdus aux salles d’attente, de la chapelle aux alcôves d’aisance, elle ménage des trajectoires de répit et de bonheur clandestin. Dans un temple japonais, celui dit de la mousse, à Kyôto, les moines sont les gardiens des vœux que leur confient les visiteurs du monde entier : leur forteresse semble n’avoir été construite que pour préserver ces liasses de parchemin compressées sous l’autel, comme un coffre-fort des secrets de l’univers, une banque de souhaits : l’année durant, sans commettre l’indiscrétion de les déchiffrer, les moines du temple de la mousse ne font que se concentrer pour qu’ils s’accomplissent.

Il y a quelque chose de la gare italienne, et de ce temple japonais, dans le Centre Georges Pompidou. Les messages sans nombre recelés par la Bibliothèque publique d’information, que viennent consulter par milliers des visiteurs d’occasion ou d’habitude, ressemblent à ces vœux gérés par les moines japonais. Poètes, journalistes, hommes de science, écrivains ont abandonné dans ces millions de volumes vérités et mensonges tapis dans les nervures du papier pour mieux se prêter à la réanimation. Cette bibliothèque est un lieu d’égalité, d’un rêve commun : celui de la découverte de soi, et de ses aventures. Les arrogances sont débusquées aux portillons électroniques. Les analphabètes peuvent bien fraterniser avec les savants : ils ne seront pas démasqués. Les uns et les autres pourront même lire les yeux fermés. Un homme a la tête penchée sur un album illustré où est écrit en gros : LES ASTEROIDES ; personne ne se moquera de lui, son rêve le sacre étudiant des astres. »
Hervé Guibert, L’œuvre sans fin.

mercredi 9 juillet 2008

François Augieras : L'apprenti sorcier

De l'oeuvre de François Augiéras (1925-1971), on retient généralement Une adolescence au temps du Maréchal, Le Voyage au Mont Athos et le superbe Le Vieillard et l'enfant, plus rarement ce récit d'une brève centaine de page paru anonymement en 1962, avec pour seule mention "par l'auteur du Vieillard et l'enfant". C'est qu'il existe en effet entre ces deux textes plus d'une affinité. Récit d'apprentissage, comme le laisse présumer son titre, mais singulièrement poétique, stylisé, il raconte l'expérience d'un adolescent placé chez un étrange prêtre de trente-cinq ans dont les pratiques de la macération confinent au chamanisme. Il est aussi question d'apprentissage sexuel, avec le prêtre puis avec un jeune garçon dont la beauté se confond avec celle des paysages périgourdins dans lesquels se situe l'action.

Le style est beau, exact, d'un classicisme dépouillé : les phrases sont courtes, le vocabulaire simple, monosyllabique ("il but à longs traits doux et graves"). Presque aucune métaphore, ou alors les moins sophistiquées possible : "La terre tournait lentement dans un ciel pur strié de nuages roses pointus comme des avants de barque". Les imparfaits du subjonctif, les inversions ("trop loin des hommes pour les jamais rejoindre"), l'usage de certains mots dans une acception rare ou désuette font de la langue d'Augiéras une langue atemporelle, inactuelle. La précision ne se fait jamais aux détriments de la pudeur, même quand sont évoquées les situations les plus crues.

Si sommaires sont les personnages, si équivoque chaque scène, si ténue l'intrigue qu'on a du mal à voir dans les figures de l'adolescent, du prêtre et de l'enfant autre chose que la projection trinitaire d'une même personne : "J'en serais arrivé à croire qu'il n'y a d'amour que dans la mesure exacte où la part d'ignorance qu'on a de soi pousse à se trouver dans les autres, à croire qu'il n'y a d'amour que dans l'erreur délicieuse". Seul dans la maison du prêtre, l'adolescent découvre, comme la Judith du Château de Barbe-bleue de Bela Bartok, porte après porte, ici une pièce jonchée d'épis de maïs dessinant des figures géométriques, ici une figurine devant laquelle on a brûlé de l'encens. Car c'est bien de panthéisme (le panthéisme de "toutes les confusions primordiales") qu'il s'agit : la Nuit, la Vézère, le feu, les pierres sont les protagonistes principaux du récit. Mais ce qui frappe, comme toujours chez Augiéras, c'est l'état de suspension, temporelle et morale, dans lequel nous maintient une écriture qui se concentre sur les sensations mais n'ébauche jamais la moindre explication psychologique : "Riant des mes craintes, comme un dieu qui rêve, j'en avais l'invincible gaieté."

vendredi 4 juillet 2008

L'attitude vraiment sérieuse

"L'attitude vraiment sérieuse est celle qui voit en l'art un moyen d'obtenir quelque chose à quoi l'on n'atteint peut-être qu'en abandonnant l'art."
Susan Sontag, cité par Enrique Vila-Matas dans Bartleby et compagnie.
"Les artistes les plus convaincus de la vanité de l'art se conduisent souvent comme si leurs oeuvres y faisaient exception. Ce n'est pas fatuité de leur part, mais plutôt routine. Ils continuent d'instinct à investir passion et patience, le meilleur d'eux-mêmes, dans un travail où ils ne croient qu'à demi."
Roger Caillois, Trois leçons de ténèbres.

mardi 1 juillet 2008

Ma vie en six mots

Dans le domaine des nouvelles les plus brèves du monde, chacun connaît, ou bien les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon, ou bien les tours de force dus à Fredric Brown ("Le dernier homme sur la Terre est assis chez lui. On frappe à la porte...") ou à Ernest Hemingway ("A vendre : chaussures bébé, jamais portées."). En 2006, la revue en ligne Smith Magazine a ainsi invité les internautes à rédiger leurs mémoires en l'espace de six mots, ce qui a d'ailleurs donné lieu à la publication d'un livre.
Un ami en veine d'ironie s'est chargé pour moi d'écrire mon propre résumé de vie. Un peu vache mais non dépourvu d'un certain à-propos, cela donne ceci :
"Tant que c'est bien écrit..."
Ca marche assez bien. Oui, d'accord, Nimier était un gros con misogyne, Cioran un philosophe de magazine, Augiéras un pauvre fou qui pensait communiquer avec les extraterrestres en fixant des tiges de métal dans sa grotte au fin fond du Périgord. Mais bon, quand même : tant que c'est bien écrit...
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