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samedi 5 décembre 2009

Obsessive drawing










John Cage, In a landscape (début), Stephen Drury.

dimanche 1 novembre 2009

Nova Metamorfosi










Confitemini Domino - psaume en faux-bourdon, extrait du disque Nova Metamorfosi : Musique sacrée à Milan au début du XVIIe siècle, par le Poème Harmonique et Vincent Dumestre.

lundi 26 octobre 2009

Sous la véranda au bord de la mer










Jean Sibelius, Pa verandan vid havet, op. 38 no. 2, Kirsten Flagstad.

(Illustration : Gustave Le Gray)

samedi 24 octobre 2009

Encore une liste




Ces oeuvres dont j'aime tant le début, beaucoup moins ce qui vient après (voire pas du tout) :
Igor Stravinsky : Sérénade en la,
Violette Leduc : La Bâtarde,
Glenn Gould : Quatuor à cordes op.1,
Victor Segalen : René Leys,
Arnold Schonberg : L'échelle de Jacob.
Edgar Varèse : Déserts,
Franz Liszt : Funérailles
...

(Illustration : First Chapters de Stefanie Posavec, tentative de visualisation du style de quelques écrivains anglophones par le premier chapitre de leurs oeuvres)

jeudi 8 octobre 2009

Transcriptions

"Il me semble que ce que les arrangeurs signent, c'est avant tout une écoute. Leur écoute d'une oeuvre. Ce sont peut-être les seuls auditeurs de l'histoire de la musique à écrire leurs écoutes, plutôt que de les décrire (comme le font les critiques). [...] Nous verrons que l'original et l'arrangement sont complémentaires, contigus dans leur incomplétude et leur distance face à l'essence de l'oeuvre. Et que celle-ci (l'Idée, si l'on veut), loin d'être donnée d'avance, doit rester toujours à venir, au terme (sans terme) des différentes adaptations. Autrement dit : l'essence de l'oeuvre (en un certain sens : l'original) serait à la fin (sans fin) plutôt qu'au commencement. C'est dire aussi que cette essence ou idée doit, pour rester à venir, pouvoir ne pas s'assurer, ne pas s'avérer ; elle doit se laisser hanter par la menace de sa dissipation. S'il y a oeuvre (ce qui doit rester une hypothèse), c'est au risque de l'arrangement."








J. Brahms, Hertzlich tut mich verlangen, transcription par Ferrucio Busoni, Paul Jacobs.

"La bonne traduction, selon Walter Benjamin, ne doit donc pas effacer les résistances de la lettre pour ouvrir l'accès au sens ; elle ne doit pas se substituer à l'original, mais au contraire le laisser désirer dans l'étrangeté de sa langue. [...] L'incomplétude, la fragmentation : celle de la traduction, mais aussi celle de l'original, en tant que tous deux appellent la complémentarité de l'autre langue. [...] Le corps que modèle la transcription est donc plastique. Comme l'est aussi notre écoute d'un arrangement, écartelée entre deux lignes parallèles, l'une présente et l'autre fantomatique ou spectrale : notre écoute est tendue, tendue à tout rompre comme un élastique, entre la transcription et l'original."

"Or, il ne s'agit pas tant de "comprendre" Schoenberg (ce qui reviendrait, comme le veut un préjugé encore si vivace, à décider si sa musique a ou non un "sens") ; il s'agit de pouvoir ou non se l'approprier. Il y a donc à traduire Schoenberg : non pas au sens où il faudrait le rendre lisible, acclimater sa langue à une langue supposée plus familière ; mais au sens benjaminien du traduire, celui de l'ouverture d'un espace de complémentarité (mieux : de tension) entre des langues. Et peut-être faut-il même soustraire l'écoute de sa musique (de la musique) à tout horizon gouverné par une analogie langagière, pour la penser plutôt, avec un certain Liszt, comme le jeu plastique de plusieurs corps.
Autrement dit, il s'agit de l'adresser, de moi à toi, dans un mouvement qui ne serait ni celui de la compréhension herméneutique, ni celui de l'offrande vertueuse; mais celui d'une réinscription dans des corps. Ce qui suppose que nous autres, qui ne jouons pas de piano (ou si peu), nous sachions, avec nos instruments d'écoute phonographiques, être à la hauteur d'une authentique tâche de traducteurs."
Peter Szendy, Ecoute, une histoire de nos oreilles.








I. Stravinsky, Choral, transcription par l'auteur du finale de la Symphonie pour instruments à vent, Peter Hill.

(Illustrations : Pablo Picasso, Roy Lichtenstein)

vendredi 2 octobre 2009

Quatre nuages et un canon


Soprano









Basse









Ténor









Tutti








J. Ockhegem, Deo Gratias, canon à 36 voix, Ensemble Huelgas.

(Illustrations : Vik Muniz)

lundi 28 septembre 2009

Da capo, Repeat function : écoutez-moi écouter

Il y a dans l'histoire de la musique de fameuses oeuvres circulaires, de célèbres "boucles" : dans le registre du tour de force contrapuntique, le rondeau "Ma fin est mon commencement" de Guillaume de Machaut, et le Canon en crabe de L'Offrande musicale de Bach, ou bien, dans celui de la simple curiosité, les Mouvements perpétuels de l'aimable Poulenc. Plus près de nous, Refrain de Karlheinz Stockhausen (voire, du même, les boîtes à musique du Tierkreis), et certaines pièces des Makrokosmos de George Crumb, illustrent la même ambition d'une musique "infinie".
Mais, plus intimement, il y a cette tentation connue de chacun, à l'écoute d'une pièce musicale, d'entendre répété à l'infini un bref fragment, d'y demeurer le temps suspendu de l'écoute, entre d'imaginaires barres de reprises. La musique continue, la grâce est brisée, trop tôt, qu'on aurait voulu éternellement prolonger : ce n'est, malheureusement, qu'un passage. "Nous, auditeurs, nous avons des instruments" dit Peter Szendy dans son bref essai Ecoute, Une histoire de nos oreilles (2001). Appareillés par ces "instruments de l'écoute que sont nos prothèses phonographiques", forts de la simple fonction "repeat" de nos matériels hi-fi, nous devenons maîtres d'une certaine articulation de notre écoute. Par exemple, ces simples gammes montantes et descendantes dans le Concerto pour piano en fa dièse mineur de Scriabine :

Je ne peux me résoudre à les entendre sans vouloir faire un tour de manège supplémentaire. Les voici à nouveau, avec le da capo "qu'exige" mon oreille :


Il y aurait aussi ce passage grisant du Spem in alium de Thomas Tallis (The King's Singers):

Apparemment, je ne suis pas le seul à ne pouvoir me contenter de cette unique reprise, puisque le compositeur Philippe Hersant a partiellement réalisé mon fantasme en citant et dilatant le même extrait de Tallis, à la fin de sa Missa brevis (1986) :


Peter Szendy voit dans la répétition une forme élémentaire de remixage, de retranscription, nécessaire à l'appropriation d'une oeuvre musicale, et l'instrument d'un impossible désir de transmettre à l'autre mon écoute :
"Telles mesures de Don Giovanni, telle respiration de Glenn Gould, tel murmure dans une improvisation de Keith Jarrett, tel accent ou tel silence chez Bill Evans... Bref, un moment favori dans ma musicothèque à moi. Simplement pour te préparer à entendre ces moments comme je les entends, je commence à te les décrire - mais à peine - par des mots. Et je commence aussitôt à les perdre. Quand nous écoutons, tous les deux ; et quand je sens, comme par télépathie, que ce que tu écoutes est si loin de ce que j'aurais aimé te faire entendre, je me dis : ce moment n'était peut-être pas le mien, après tout. Car ce que je voulais t'entendre écouter - oui : t'entendre écouter ! -, c'était mon écoute. Désir peut-être impossible - l'impossible même.
Malgré mon dépit (il est toujours immense), je m'interroge : peut-on faire écouter une écoute ? Puis-je transmettre mon écoute, si singulière ? [...] Que puis-je donc faire pour faire écouter cette écoute, la mienne ? Je peux répéter, je peux rejouer quelques mesures en boucle, et je peux dire, redire ce que j'entends. Parfois, tu m'écoutes écouter. Je t'entends qui m'écoute écouter. Mais c'est si rare."

(Illustrations : deux extraits de la partition des Makrokosmos de George Crumb, "Le Cercle magique de l'Infini", volume 1, et "Les Soleils jumeaux", volume 2)

mercredi 16 septembre 2009

They are merely conventional signs









Igor Ballereau, To Jessie Sinclair, extrait des Lettres à des amies-enfants d'après Lewis Carroll. Jody Pou, soprano ; Ensemble SIC.
L'intégralité de l'oeuvre peut être téléchargée gratuitement sur Free music archive.


"Il avait, de la mer, acheté une carte
Ne figurant le moindre vestige de terre ;
Et les marins, ravis, trouvèrent que c’était
Une carte qu’enfin ils pouvaient tous comprendre.

De ce vieux Mercator à quoi bon Pôles Nord,
Tropiques, Equateurs, Zones et Méridiens ?
Tonnait l’Homme à la Cloche ; et chacun de répondre :
Ce sont conventions qui ne riment à rien!

Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps
Et ces îles ! Remercions le Capitaine
De nous avoir, à nous, acheté la meilleure -
Qui est parfaitement et absolument vierge !"

Lewis Carroll, La Chasse au Snark.

vendredi 10 juillet 2009

[...]

(Illustration : Rivane Neuenschwander)








John Cage, Prelude for meditation (1944), Stephen Drury.

mardi 30 juin 2009

Variation sur un thème de Edward Hopper

pour D. d. S.

Hopper








Jehan Alain, Etude de sonorité (1930), Marco Lo Muscio.
"Ceci ne peut être joué avantageusement qu'à partir de 10h du soir jusqu'à 4h du matin, en petit comité et sur un bon piano", recommande la partition.

mercredi 24 juin 2009

La soie, en foule


"L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance,
L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ;
la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes
sous les murs dont quelque pucelle eut la défense ;

l'ébat des anges ; - Non... le courant d'or en marche,
meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d'herbe. Elle
sombre, ayant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle
pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche."
Arthur Rimbaud, Mémoire.

samedi 20 juin 2009

Le chant des fleurs









Jean-Louis Florentz, "Le Chant des fleurs", extrait des Laudes op.5, par Michel Bourcier sur l'orgue de Saint-Eustache. La pièce s'inspire des sonorités d'un réacteur d'avion.

mercredi 6 mai 2009

Quasi una ciaccona


Vincent Dieutre, Leçons de Ténèbres (2000), extrait.

"Tout ce qui arrive est adorable."
Léon Bloy, Journal.

lundi 27 avril 2009

Un insecte qui va s'envoler

"Que toute douleur soit en toi le passage d'un insecte qui va s'envoler. Ne te renferme pas sur l'insecte rongeur. Ne deviens pas amoureux de ces carabes noirs.
Que toute joie soit en toi le passage d'un insecte qui va s'envoler. Ne te renferme pas sur l'insecte suceur. Ne deviens pas amoureux de ces cétoines dorées.
Que toute intelligence luise et s'éteigne en toi l'espace d'un éclair.
Que ton bonheur soit divisé en fulgurations. Ainsi ta part des joies sera égale à celle des autres."
Marcel Schwob, Le Livre de Monelle.


Aaron Siegel, Under Such Cover, pour vibraphone, piano et violoncelle (2007).

dimanche 12 avril 2009

Ton par ton, je leur jette ma manne

"Mieux qu'une tour profane,
je me chauffe pour mûrir mon carillon.
Qu'il soit doux, qu'il soit bon
aux Valaisannes.

Chaque dimanche, ton par ton,
je leur jette ma manne;
qu'il soit bon, mon carillon,
aux Valaisannes.

Qu'il soit doux, qu'il soit bon;
samedi soir dans les Channes
tombe en gouttes mon carillon
aux Valaisans des Valaisannes."

Rilke, Les Quatrains Valaisans.








Samuel Barber, Le clocher chante, Mélodies passagères op. 27, Thomas Hampson, John Browning.








Gyorgy Kurtag, Cloches - Hommage à Stravinsky, Martha et Gyorgy Kurtag.

lundi 23 mars 2009

Alle Lust will Ewigkeit

(Illustration : Gaston Zvi Ickowicz)








Lukas Foss, O Mensch, gib Acht, extrait de "Time Cycle", par Adele Addison, Leonard Bernstein et le Columbia Symphony, Sony CD 63164.

lundi 9 février 2009

Less is more

"J'ai longtemps, in petto, emprunté à Mies Van der Rohe (qui lui-même, je suppose...) la devise Less is more. Découragé par la réciprocité circulaire qu'implique la copule is, je l'ai abandonnée par la suite au profit de Moderato ma non troppo, finalement oubliée à son tour, au profit d'une bien plus minimaliste, et moins onéreuse, absence de devise."
Gérard Genette, Bardadrac.

Tant qu'il est encore temps...







"Geht leise", extrait des Kinderlieder de Walter Gieseking, par Elisabeth Schwarzkopf et le compositeur au piano.
(Illustration : Maya Bloch)

lundi 2 février 2009

The snow is dancing



Hey, ho, the wind and the rain, par Alfred Deller.

dimanche 1 février 2009

Eclaircie









J.S. Bach, Jesus ist ein Guter Hirt, aria avec violoncelle piccolo obligé (cantate BWV 85), Andreas Scholl, Christophe Coin.

jeudi 29 janvier 2009

Ossessivo, molto veemente

(Illustration : Andy Gilmore)










George Crumb, Toccata, dernier mouvement de la Sonate pour violoncelle seul (1955).
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